lundi 7 janvier 2013

Le top 2012 de la rédaction

La sempiternelle tradition des tops de fin d'année caresse trop notre fibre mégalomaniaque pour que nous y renoncions. Si l'on doit feindre la modestie, disons simplement que ce top n'a rien d'un texte de lois gravées dans le marbre. Espérons seulement qu'il remplisse bien son office: donner à entendre, ou à réentendre, au travers d'un parcours foisonnant et complètement éclaté, les disques qui nous ont embarqués loin cette année, humbles chroniqueurs que nous sommes, tout entier dévoués à notre mystique entreprise de sacrifice auditif.

TOP DE LA REDACTION

1/ Beak> - >> (Invada)

beak

Hautement pointilliste et d'une efficacité redoutable, ce deuxième opus de Beak> comble toutes nos attentes en explorant de nouveau le psychédélisme des années 70 et les belles excursions motorisées du krautrock avec un respect authentique et en même temps cette pointe d'irrévérence qui fait souvent la différence avec le tout venant du revival actuel.

2/ Barker & Baumecker - Transsektoral (Ostgut Tonträger)

barker

Sublime et vivant, éclectique et atypique, cet album résonne de mille façons, tel le manifeste de deux bonhommes qui longtemps dans l'ombre ont scruté par le prisme de la techno tout un pan de la musique électronique, de la Sainte Trinité Atkins/Saunderson/May à 808 State, du polymorphe G. Scott Herren à Cylob, pour en sortir leur propre langage. Beau geste ma foi !

3/ Pinkunoizu - Free Time (Full time Hobby)

pink

Pinkunoizu, formation au nom quasi imprononçable, est doué pour tisser des arabesques entre une multitude de genres musicaux. Difficile de tracer une ligne droite quand on parle de leur répertoire. On pense aux bandes sons des années 70, mêlant psychédélisme, dub et pop, le tout servi par trois guitaristes/claviéristes et une batteuse, qui déjà malgré leur jeune âge, brillent par leur subtilité.

4/ NHK'Koyxen - Dance Classics Vol.1 (Pan)

nhk

Dance Classics vol.I n'est sûrement pas un futur classique, il est d'ailleurs trop court et trop décalé pour en être un. Mais c'est à coup sûr un album bien ancré dans son temps. Ses vieux synthés déglingués à coup de bidouille et ses beats abstract hip-hop réconcilient tout, le passé et l'avenir, la pop et la complexité pour redonner un peu de sens à ces trois lettres un peu dévoyées : IDM.

5/ Le Klub des Loosers - La fin de l'espèce (Les disques du Manoir)

klub

Vive La Vie était jusqu'à lors le meilleur disque de hip hop français. Pas loin devant le premier Fatal Bazooka et Les Spectres du Bitume, je le concède. La Fin de L'Espèce, c'est une sorte de suite, en mieux. C'est la fin du hip hop français. La Fin de L'Espèce déborde d'excès, maîtrisé par le talent des rimes. Le Klub tient là son manifeste esthétique.

5/ ex-eaquo Matt Elliott - The Broken Man (Ici d'Ailleurs)

elliott

A l’écoute de The Broken Man on renoue avec la tradition populaire. Celle des contes narrés au coin du feu dans des temps anciens, ceux où l’on parlait du loup et de la mort. On n’avait pas eu cette sensation depuis la sortie de la Llhorana de Lhasa de Sela. Cette représentation d’un imaginaire fantasmé à vocation initiatique. Car The Broken Man c’est tout à fait cela, une beauté noire comme le plus beau de nos cauchemars.

TOPS INDIVIDUELS

Bob
1/ Matt Elliott - The Broken Man
2/ El-P - Cancer For Cure
3/ Alt-J - An Awesome Wave
4/ Goth-Trad - New Epoch
5/ Holy Other - Held

Charlu
1/ Brian Eno - Lux
2/ Hildur Gudnadottir - Leyfdu Ljosinu
3/ Fabio Orsi - The new year is over
4/ Grizzly Bear - Shields
5/ Paul Corley - Disquiet

Guillaume C
1/ Grizzly Bear - Shields
2/ Get Well Soon - the scarlet beast o'seven heads
3/ Patrick Watson - Adventures In Your Own Backyard
4/ Pinkunoizu - Free Time
5/ Dead Can Dance - Anastasis

Ikhlas
1/ lil Ugly Mane - Mista Thug Isolation
2/ Spaceghostpuurp - Mysterious Phonk
3/ Nacho Picasso - Exalted
4/ 100s - Ice Cold Perm
5/ Mr Sche - Devil Haze

Lebowski
01/ Klub des Loosers - La Fin de l'Espèce
02/ Killer Mike - R.A.P. Music
03/ El-P - Cancer 4 Cure
04/ 100s - Ice Cold Perm
05/  Tommy V - Mockingbird

Mickael:
1/ Scott Walker - Bish Bosch
2/ NHK'Koyxen - Dance Classics Vol.1
3/ Beak - >>
4/ Rrose - Preretinal
5/ Carter Tutti Void - Transverse

Mixo
1/ Alt-J - An Awesome Wave
2/ Grizzly Bear - Shields
3/ El-P - Cancer 4 Cure
4/ Shed - The Killer
5/ Sigha - Living With Ghosts

Témoin A.
1/ High Damage - High Damage
2/ Näo Live Band - Näo
3/ Volfoniq - Ernest
4/ Cyesm - Half of a X-ing
5/ Red Fish Dub Syndrom - Reflection

Yvan
1/ Robert Hood - Motor :Nighttime World Vol.3
2/ Barker & Baumecker - Transsektoral
3/ Karpienia/Ozdemir/Chemirani - Forabandit
4/ 2kilos &More - Kurz vor5
5/ D'aqui Dub - No Specific Time

mercredi 20 juin 2012

FOALS in Da Mix...

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vendredi 1 juin 2012

Creasy Buscemi - Secret files

Le producteur français Creasy Buscemi balance ses "unreleased" via 3 mixtapes en téléchargement gratuit. Voici le premier volume, Secret Files Vol.1, consacré à ses collaborations américaines. Et il y a du beau monde, Sunspont Jonz , Ellay Khule, Rifleman ou encore Riddlore.

Des productions inédites donc, ayant de la gueule, avec de bons MCs, c'est gratuit, foncez.

http://www19.zippyshare.com/v/48211952/file.html

Dmute avait chroniqué un de ses disques en 2004, sous le pseudonyme de Tyler Durden

http://www.dmute.net/chronique-album-21248_-_Tyler-Durden_-_Use-Soap.html

mercredi 23 mai 2012

Portrait électronique #11 - eRikm

eRikm



"...ce qui m'intéressait c'était vraiment de chercher l'accident, le bug, les failles à l'intérieur d'un objet issu de l'industrie de consommation et donc vecteur de désirs. Je suis issu de ce que je qualifierai "la génération de l'erreur". Une génération à l'intérieur de laquelle les notions d'accident et de crash sont directement inscrites..."

Sur Dmute, on a passé eRikm à la question. Le platiniste français, chantre des musiques improvisées libres et héritiers des grands artisans de la musique concrète à la française, revient sur son parcours, les grandes thématiques qui traversent son oeuvre et sa vision de la musique aujourd'hui. Et puis avec cet interview, on vous propose aussi un portrait photo de l'artiste réalisé lors de la première édition de l'Audible Festival en novembre 2011. Il y avait interprété des pièces de Luc Ferrari.





Photo : Mickael Berland (pandemik@dmute.net). eRikm, le 22 novembre 2011 à Bagnolet.

mercredi 16 mai 2012

Rap, Hip-Hop, 30 années en 150 albums, de Kurtis Blow à Odd Future

Notre collègue Sylvain Bertot, animateur de l'excellent webzine Fake For Real passe en papier! Quoi de plus logique pour ce pionnier de la chronique hip hop en France, les meilleures du genre, tout simplement. A paraître à la mi-juin chez Le Mot et le Reste.

Une histoire du hip-hop américain et international, illustrée par une sélection de 150 albums, très connus ou plus confidentiels, représentatifs des différentes époques, formes et géographies du rap.

La page facebook : http://www.facebook.com/RapHipHop30AnneesEn150Albums

En pré-commande sur amazon : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2360540513/fakeforreal-21

lundi 2 avril 2012

Ra Rince Gratis !!!


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mardi 27 mars 2012

Finger in zeu Nôze ou le langage du corps ...

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lundi 9 janvier 2012

Le Top 2011 de la rédaction

01 - Akron/family - S/T II: The Cosmic Birth and Journey of Shinju TNT

Disque souple, si l'on veut, au titre impossible. S/T II: The Cosmic Birth and Journey of Shinju TNT passe de la ballade pop au riff net, tranchant, pur car joué sur une guitare saturée, et en toute logique inversement, sans craindre les onomatopées qui finissent malgré elles par avoir un sens, voyelles puis mots, comme si l'on apprenait à parler en chantant ....

02 - Tim Hecker - Ravedeath

Ravedeath, 1972 a quelque chose de la musique sacrée d’un monde sans religion. Les motifs s’y enchevêtrent comme dans une fugue et l’auditeur retient son souffle devant la fulgurance de chacun des moments de ce disque.

03 - Grails - Deep Politics

Pour les siècles et les siècles, Grails sera la réplique du XXIème siècle à ce que les années 1970 n'ont pas su accomplir. La mise au jour de leur manque paradoxal de radicalité. L'incapacité à se penser elles-mêmes comme une origine, et non pas seulement comme un aboutissement.

04 - Timber Timbre - Creep On Creepin' On

La musique de Timber Timbre se veut plus lancinante à l’image de Black water, où la basse semble marquer des moments d’arrêt à chaque instant. Des instants chaloupés qui soulignent la nonchalance d’une voix moins ouverte moins démonstrative de son art. Ici, il semble que le Canadien se laisse plus aller, il n’y a pas de fard dans cet album. Pas de coups de semonces, pas d’envolés lyriques. Seulement l’âme d’un artiste, qui après quatre albums, se laisse aller et donne à son art tout l’espace nécessaire pour que ce dernier puisse s’exprimer et se déployer vers son auditeur.

05 - Mogwai - Hardcore Will Never Die But You Will

Hardcore Will Never Die, But You Will, avant d'être un disque de Mogwai, c'est d'abord un bon disque. Riche, intelligent, et varié, abrupt, dur, et poétique. En dix ans, le groupe a changé. Ni en bien ni en mal — simplement changé.

06 - Chicago Odense Ensemble - S/T

Pur produit de la scène jazz / post-rock de Chicago (Rob Mazurek, Jeff Parker, etc.), Chicago Odense Ensemble offre un disque en forme d'hymne aux mélodies, à l'expérience, au rythme, à l'invention.

07 - Pat Jordache - Future Songs

Pat Jordache aka Patrick Grégoire fait œuvre d’éclectisme et de cette spontanéité si caractéristique d’un premier album : une manière d’enregistrer ou de concevoir la musique sans à priori, sans plan de route, sans réelle structure, sans une idéologie préconçue de la musique et de l’œuvre qu’on entend proposer.

08 - Deaf Center - Owl Splinters

Le jeu remarquable de piano côtoie les larsens sauvages de guitare. Les caresses délicates annoncent au loin des ouragans de son. Qu'il nous plonge dans d'abyssales ténèbres ou qu'il nous porte dans ses élans angéliques, Deaf Center atteint l'excellence.

09 - Apocalypse - Bill Callahan

Avec son Apocalypse, Bill Callahan a fait le choix d’un album court, qui sert parfaitement un répertoire où chaque minute s’écoute avec recueillement. Dix ans après, on retrouve un Bill Callahan qui ne cesse de se bonifier avec l’âge. A ce rythme là, on prend rendez-vous pour écouter la suite.

10 - Vladislav Delay Quartet - S/t

... L'art majeur du quartet: celui d'ordonner le chaos, de le façonner à sa volonté, avec énergie et force inventivité. Aussi ce jazz bâtard, friand d'expérimentations et de détours imprévisibles, n'est jamais exécuté dans un froid détachement ni dans la débauche d'effet. Ses auteurs sont vraiment de fins ouvriers.

11 - Action Beat - Beatings + Unbelievable Fuck Ups — Improvised Bonus Jams

C'est quoi Action Beat ? Eh bien, au moins deux ou trois (ou plus) batteurs, quatre guitaristes, et un bassiste qui font du noise improvisé. Décrire leur musique, morceau après morceau, c'est une gageure. On préfère retenir la force et l'énergie, la manière de délire continuellement renouvelé, la franche folie, et l'innocence aussi, qui émane de Beatings, comme si le son comptait plus que le sens.

12 - King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine

Les mots ... sont vains pour dire ce que les deux hommes dans une alchimie symbiotique livrent avec une simplicité et une maîtrise qui forcent l’admiration : à savoir une vision fantasmée de l’évasion à l’âge électronique, des souvenirs de paysages intimes qui s’effacent à mesure que croît une sensation perçante de nostalgie.

13 - Half Asleep - Subtitles For The Silent Versions

Ça commence comme une petite bluette monocorde, un thème serein et effacé, et peu à peu la folie gagne, la machine sensationnelle s'emballe. Ça descend, ça monte , jusqu'au vertige, l'étourdissement, voluptueux dans ses silences, gracieux dans ses esclandres : une dernière invitation, une dernière histoire. Qu'on écoutera toute une vie...Bouleversant !

14 - Low - C'mon

Low est enfin arrivé à trouver un équilibre idéal. Le point d’orgue d’une carrière qui n’a rien à envier aux plus importantes formations en la matière. Osons le dire : C’mon, est un vrai petit bijou, un album de folk songs tendues, épiques et intenses qui sait laisser la part belle à l’épure.

15 - Enablers - Blown Realms And Stalled Explosions

Ce que Doug Scharin fait certainement à la musique d'Enablers, c'est de mettre plus clairement encore l'accent sur les contrastes qui la constituent. Contrastes dans les périodes, qui font alterner justement rage et calme. Contrastes dans les intentions, et la structurante contradiction entre une voix qui dit de la poésie, et des guitares qui jouent des riffs. Ainsi, dans ce punk, qu'il faut bien dire, malgré tout, "post-punk", ... tout se repousse en s'épousant.

16 - Cyrus Malachi - Ancient Future

Cyrus Malachi bénéficie d’instrumentaux d’une rare qualité par les temps qui courent. Un son bien lourd, crade, oppressant et lancinant sur lesquels il livre une guerre sans concession, soit à peu prés tout ce que les disciples du Wu sont incapables de faire depuis bien longtemps… Avec Cyrus, la recette paraît intemporelle.

17 - Nils Frahm - Felt

Nils Frahm poursuit son chemin, dévoilant au piano une musique très mélancolique et malgré cela définitivement enthousiaste. C'est ce qu'on retient de Felt, qui s'il n'est pas révolutionnaire pour un sou, possède un réel pouvoir de séduction.

18 - Pierre Lx - Out 1

Voilà un disque fou et géométrique, dans le sens où l'on peut l'approcher sous différents angles. Tout devenant alors une histoire de point de vue ; à l'instar du film fleuve de Jacques Rivette auquel il emprunte une partie de son nom - Out One : Noli Me Tangere . Pierre LX, le "réalisateur" de cette pièce musicale, y triture les racines de la musique électronique et se propulse vers le futur.

19 - Hecq - Avenger

L'expérience que Hecq a gagnée au grès des albums (et en tant que sound designer) lui permet de proposer un dubstep qui surclasse les autres. ... Hecq a radicalement changé. Résigné, semble-t-il, à quitter la grâce céleste pour plonger corps et âme dans la moiteur des clubs. Et même si je ne désespère pas de le voir un jour nous offrir encore quelques perles symphoniques, je suis bien obligé d'admettre que son nouveau costume d'avenger lui sied à merveille.

20 - Dope D.O.D. - Branded

Branded est un album éclectique qui a su trouver le ton entre révérence pour le hip-hop oldschool et production moderne. Leur univers angoissant est certainement celui que les gens retiendront du groupe, mais les clins d’œils aux années 90 sont bien sentis et apportent une fraicheur certaine à l'ouvrage. Que du bon en somme.

lundi 21 novembre 2011

Portrait électronique #10 - Nils Frahm

Nils Frahm



Nils Frahm appartient à cette nouvelle génération de musiciens qui se jouent des croisements entre musiques pop et musiques classiques. Depuis The Bells, son premier album paru sous le parrainage de Peter Broderick, le pianiste allemand s'emploie à ressusciter une certaine vision de la musique romantique tout en cultivant le côté cinématique et ludique des musiques actuelles. Sur Felt, son nouvel album, il fait un pas de plus dans ce sens en rendant un hommage aux plus belles œuvres de la musique minimaliste (des Phrygian Gates de John Adams à la Music for 18 Musicians de Steve Reich) tout en puisant avec intelligence dans l'ambient music d'Eluvium ou Tim Hecker.

J'ai réussi à capter Nils Frahm au milieu de sa tournée européenne, à Montreuil, pas loin de l’inébranlable salle des Instants Chavirés. C'est déjà le 10eme portrait que je consacre aux artistes des scènes électroniques et affiliées! La chronique de Felt est quant à elle disponible sur Dmute.





Photo : Mickael Berland (pandemik@dmute.net). Nils Frahm, le 13 novembre dernier à Paris.

vendredi 21 octobre 2011

Portrait électronique #9 - Oren Ambarchi

Oren Ambarchi


On va le voir, 2011 est une année faste pour l'australien Oren Ambarchi. Mais il est connu pour ça: pour ne jamais s'arrêter, pour passer de continents en continents et enchaîner les projets à une vitesse qui défie l'entendement.

D'abord batteur, il est devenu en quelques années un des électrons libres les plus adulés des musiques électriques et aventureuses. Ses accointances avec des formations telles que Sunn O))) y sont certes pour quelque chose. Ses apparitions régulières au côté de figures importantes des musiques expérimentales comme Keith Rowe, Otomo Yoshihide, Z'EV ou Gunter Muller, ont aussi grandement œuvré à sa reconnaissance internationale. Mais le plus important, il le doit surtout à lui-même et à des albums de la trempe d'Insulation (Touch, 1999), Triste (Southern Lord, 2005) ou The Pendulum's Embrace (Touch, 2007) qui ont tous, chacun à leur manière, imposé sa vision d'une ambient music de l'extrême, pas si loin que ça de certaines expériences propres aux musiques minimalistes.

En solitaire, la guitare électrique est devenue son meilleur compagnon, sa pratique si particulière de l'instrument l'érigeant au rang d’éminence du jeu micro-tonal et du drone le plus écrasant. Cela dit, encore aujourd'hui, il n'hésite pas longtemps s'il lui faut accompagner ses camarades à la batterie. On l'a bien vu récemment pour un album d'une forte intensité électrique: Tima Formosa, au côté de ses acolytes guitaristes Keiji Haino et Jim O'Rourke.

Mais revenons à cette années 2011. Déjà quatre projets sont sortis où Ambarchi partage l'affiche, le plus souvent, avec des complices de toujours. Citons en trois: Indeed avec Jim O'Rourke (la chronique arrive bientôt sur Dmute), Dream Request avec Robbie Avenaim, et In A Flash Everything Comes Together As...le successeur tant attendu du terrible Tima Formosa.

En attendant la sortie d'un nouvel album solo prévu pour la fin d'année, vous pourrez croiser Mr. Ambarchi le 1er novembre au Batofar et le 8 novembre à la Gaîté Lyrique si vous êtes parisiens. A bon entendeur...

Pour ma part, j'ai rencontré l'australien au printemps dernier à l'occasion d'un concert donné au collège des bernardins.



Photo : Mickael Berland (pandemik@dmute.net). Oren Ambarchi, le 12 avril dernier à Paris.

mardi 20 septembre 2011

Portrait électronique #8 - Dj Sniff

Dj Sniff


Une même tradition relie Evan Parker à Dj Sniff, l'illustre saxophoniste britannique au jeune platiniste japonais. Celle qui va du free-jazz au champ infini des musiques improvisées. Entre temps, les ordinateurs et les machines sont juste venus troubler la partie. Mais malgré l’irruption de la technologie dans le jeu, les gestes scéniques, dans l’esprit, sont restés les mêmes. Ces gestes qui maltraitent, compriment, distordent, détournent le son, le font sursauter, le poussent vers la sortie de route en d’interminables phrasés improvisés.

Le dernier album de Dj Sniff s’appelle EP : EP pour Evan Parker. Le japonais y triture des samples issus de la discographie du saxophoniste. Il les passe à la moulinettes d’effet variés mais, et c’est le plus important, il leur impose sa propre gestuelle et elle ne connaît aucune entrave. Sous ses airs de disque hommage, EP imprime en fait une vision singulière et sans compromis du free-jazz à l’ère électronique.

Sublime paradoxe celui qui voudrait qu’on impose à la musique électronique, cette musique de programmes, cette musique de studio, l’art fulgurant et primordial de l’improvisation. C’est sans conteste le cheval de bataille de Dj Sniff, et il le partage avec beaucoup d’autres artistes. De fait on touche ici à une tendance lourde des musiques électroniques actuelles. Le japonais ne manque donc pas de partenaire de jeu: citons simplement eRikM, Keir Neuringer, Otomo Yoshihide, Martin Tetreault et Ryu Hankil.

EP est sorti cette année sur PSI records, le label tenu par Evan Parker. En dehors de ses activités de musiciens, Dj Sniff (dans le civil Takuro Mizuta Lippit) exerce une fonction de co-directeur au laboratoire de recherche musical hollandais STEIM.

Pour en savoir plus, rendez lui visite sur http://www.djsniff.com/


Photo : Mickael Berland (pandemik@dmute.net). Dj Sniff le 18 août dernier à Paris.

jeudi 25 août 2011

Portrait électronique #7 - Campbell Kneale

Campbell Kneale


Le néo-zélandais Campbell Kneale conçoit la musique comme une expérience mystique. Ses apparitions live ont toujours l’allure de rituel ou de prière primitive dont la frénésie confine à la trans. La guitare électrique est son instrument de prédilection qu’il triture et torture dans d’interminables séances de magie noire à l’impact quasi-physique.

Élevant des murs de saturation et de distorsion infranchissables, conviant parfois synthétiseurs et percussions tribales, Kneale s’est imposé comme un nouveau « noise hero », un véritable gourou au vu de l’enthousiasme incroyable que ses productions sous le nom de Birchville Cat Motel ont engendré au Japon, en Europe et aux États-Unis

En 10 ans le néo-zélandais a fait l’offrande d’un nombre incalculable d’albums, de vinyles et de cassettes, démontrant une urgence de créer et d’inventer assez exceptionnelle. Lorsque celui-ci a décidé d’abandonner l’aventure Birchville Cat Motel au courant de l'année 2008 (il pensait avoir fait le tour de la bête) il aurait bien pu prendre des congés sabbatiques ! Mais c'était sans compter sur son appétit musical insatiable. Le voilà donc parti tête baissée dans un nouveau projet nommé en hommage à un des derniers albums de BCM : Our Love Will Destroy The World. Un pseudonyme qui je crois résume bien sa philosophie. 4 albums et autant d'EPs sont sortis depuis, dévoilant une musique moins minimaliste dans l'esprit qu'alambiquée et joyeusement excessive, épique et toujours aussi émotionnelle.

Cette photographie a été prise le 4 mars dernier, lors de son passage aux Voûtes (Paris 13e). Il était en compagnie de Stephan Mathieu.



photo: Mickael Berland (pandemik@dmute.net)

mardi 26 juillet 2011

Portrait électronique #6 - Kangding Ray

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Le 6 avril dernier je rencontrais David Letellier a.k.a. Kangding Ray à Bagnolet pour une séance photo expéditive.
Le soir même, il allait donner un live d'une rare vélocité à la Fonderie de l'Image. Un live assorti de vidéo extrêmement graphiques mettant en lumière l'importance de l'espace et des textures dans sa musique. Ce sont là effectivement deux éléments omniprésent dans l'esthétique musicale du Français mais qui vont bien au-delà puisqu'ils sont aussi au centre de ses nombreuses créations visuelles et installations multimédia (voir notamment l'excellent projet Tessel en collaboration avec le collectif interdisciplinaire belge Lab(au)).

Enfin, ajoutons que ce soir là, c'est Frank Bretschneider qui avait ouvert les festivités. C'était dans le cadre du passionnant festival Némo qui chaque année, dans toute l'Ile-de-France, fait se rencontrer musiques électroniques et arts numériques. Comme vous pouvez le voir, le label Raster-Noton y était particulièrement à l'honneur.

Or, le dernier album de Kangding Ray est sorti chez Raster-Noton au début du mois de juin. La chronique du disque est maintenant en ligne sur Dmute!


photo: Mickael Berland (pandemik@dmute.net)

samedi 23 juillet 2011

Un Disque DC...


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Jeune à jamais...

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samedi 4 juin 2011

Zeu Deb' is Back !!!


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vendredi 6 mai 2011

Dour Festival

Comme chaque année, dMute soutient le festival de Dour qui programme 200 groupes, répartis sur 7 scènes, du 14 au 17 Juillet. On retiendra surtout la venue du quator hip-hop 90's; Cypress Hill, Public Enemy, House Of Pain et Ice Cube. Le rock ne sera pas en reste avec notament la reformation de Kyuss, Deerhoof, Foals, Mogwai, Kylesa. Côté dubstep, la programmation est plus qu'excitante avec, Kode9 & The Spaceape, Martyn, Ramadanman, Untold, King Midas SOund ou encore, Rusko, Bassnectar, 16BIT. Et pour l'electro, la venue de Gold Panda, Len Faki, Ellen Allien, Sascha Funke, Luke Vibert, Popof, Laurent Garnier et pour les plus énervés, toute la clique du label Boys Noize Records. A souligner aussi la présence de 13&God, Saul Williams, Spank Rock, Charles Bradley, et une nuit consacrée au label Night Slugs.

Plus de détails sur http://www.dourfestival.be

vendredi 15 avril 2011

Portrait électronique #5 - Stephan Mathieu

Stephan Mathieu



Le sound-designer Stephan Mathieu vient de sortir deux nouveaux disques sur les labels 12k et Line: respectivement le labyrinthique A Static Place et le monolithe Remain. A l'instar de son classique Radioland, ces deux œuvres totalement hybrides plongent l'auditeur dans une ambient music majestueuse, mue entièrement par l'amour du son. C'est pourquoi A Static Place et Remain figurent sans doute parmi les plus beaux travaux que l'allemand ait réalisé jusqu'à présent.

A cette occasion, je lui consacre un portrait photographique. J'ai pu rencontrer l'homme lors d'un concert donné aux Voûtes, à Paris, dans le courant du mois de mars.

A noter, que sa tournée le mènera de nouveau dans la capitale le 9 juin prochain où Il se produira au Collège des Bernardins pour la soirée de clôture du cycle Alter-minimalisme, une série de concerts organisée par David Sanson sur les nouvelles formes du minimalisme en musique.

En attendant, vous pourrez trouver sur Dmute la chronique de A Static Place.


Photo: Mickael Berland (pandemik@dmute.net)

jeudi 24 mars 2011

Compilation à télécharger gratuitement : hors séries n°3 d'A Découvrir Absolument : "Tribute to Remué" de Dominique A

Après un premier volume consacré à #3 de Diabologum et Dry de PJ Harvey (avec l'excellente version de Victory par Lou) notre confrère A Découvrir Absolument nous propose la relecture de l'album Remué de Dominique A. Bien plus qu'un hommage, le webzine continue son œuvre de défrichage et de soutien d'une scène musicale passionnante. Chapeau bas.

Pour la suite des aventures, une nouvelle relecture sera par la suite mise en chantier The Sophtware Slump de Grandaddy.

Allez y c'est gratuit, et ça se télécharge ici

Au programme des festivités, des titres inédits enregistrés spécialement pour l'occasion par :

1. Lesoisovol – Comment Certains Vivent 2. Luca Iorfida – Pères 3. Del Cielo – Encore 4. Shape 2 – Je Suis Une Ville 5. La Soif – Tu Vas Voir Ailleurs 6. Gu – Avant L’Enfer 7. Tokyo/Overtones – Exit 8. Pumuckl – Douanes 9. Laurent Lévy – Ma Vieille Tête 10. La Boite à ooTi – Le Détour 11. Isa & Frédéric B – Rien Qu’à Voir 12. Karl- Alex Steffen – Retrouvailles 13. Mechanism For People - Surestimé 14. Pikarel Cruz – Le Morceau Caché

BONUS

15. Zedel – Rien Qu’à Voir 16. Institut – Rien Qu’à Voir 17. Zedel – Pères 18. Ivre d’Amours – Rien Qu’à Voir 19. Feutre & Chandel - Encore

mardi 22 mars 2011

Portrait électronique #4 - Philip Jeck


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Comme celle de Gavin Bryars, la musique de Philip Jeck vient des profondeurs. Depuis ses platines vinyle et son sampler, le britannique projette les sons de vieux enregistrements surannés à travers des abîmes liquides. Au craquement du disque, s’ajoute des sifflements amplifiés, des saturations et des rumeurs lointaines brouillées par des réverbérations spectrales. C’est un naufrage à l’envers : la carlingue monumentale d’un navire perdu au fond des mers qu’on remonte à la surface.

Ce sentiment est particulièrement prégnant quand on pose une oreille sur An Ark For The Listerner, le dernier album du britannique. Il s’agit d’une oeuvre « océanique Â» dont la récurrence des thèmes rappelle The Sinking Of The Titanic, le manifeste de Bryars. Il en possède peut-être par moment la même aura de majesté. Pour la petite histoire : Jeck s’est déjà réapproprié par le passé la pièce maîtresse du compositeur minimaliste, au côté du collectif Alter Ego. De là à parler de filiation, il n’y a qu’un pas qu’on aurait vite fait de franchir.

Pour autant, on ne dépasserait pas ici le mur des apparences car en musique, la véritable école de Philip Jeck fut celle des pionniers du turnatablism tel que Larry Levan, ou Walter Gibbons. On est alors dans le Londres des années 80 et ces figures de pointe du dub new-yorkais viennent se produire dans les clubs où Jeck officie en tant que Dj. Il a sans doute beaucoup appris de leurs gimmicks et de leur approche visionnaire de la matière singulière contenue sur les disques vinyles.

Mais c’est surtout sous l’influence du plasticien et platiniste américain Christian Marclay, que Jeck pousse sa pratique du turntablism vers des territoires encore vierges de tout défrichage et beaucoup plus visuels en substance : ceux de la performance live et du cinéma pour l’oreille. Désormais, les sonorités que Jeck ravivent depuis les tréfonds des sillons des disques vinyles s’agglomèrent en strates parallèles, dessinent des paysages éthérés où les repères sensitifs sont voilés par la brume des âges et les effets des consoles.

Il convient enfin d’insister sur l’importance du geste dans l’esthétique Jeckienne : motif performatif par lequel la mémoire sonore des vinyles est rendue à la vie, inhumée comme pour une séance de spiritisme de l’âge électronique. Ainsi, la dimension live s’oppose directement au travail traditionnel d’enregistrement en studio, d’archivage sur la matière inerte qu’est le Cd. C’est pourquoi chaque disque du britannique résulte d’un collage kaléidoscopique d’enregistrements de ses propres concerts, souvent assemblés d’une manière abrupte qui défie toute logique.

Editée par le label anglais Touch, l’œuvre de Jeck prend depuis une dizaine d’année une tournure ambient mais poursuit sur sa trajectoire singulière entre nostalgie créatrice et visions futuristes où l’essence profonde des disques vinyles forme le liquide amniotique d’une nouvelle conscience collective.



J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Philip Jeck lors de son dernier passage à Paris, à l’occasion de l’ouverture du cycle « alterminimalism Â» au Collège des Bernardins. Un cycle de concerts dédié aux nouvelles formes du minimalisme en musique.


Photo: Mickael Berland (pandemik@dmute.net)

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